L’Abbaye Saint-Pierre de Brantôme

Des grottes troglodytes aux bas-reliefs et un clocher uniques

Chargée d’histoire et de spiritualité, l’Abbaye de brantôme est unique en son genre, avec sa salle du dortoir des moines, ses grottes troglodytes aux bas-reliefs exceptionnels et son clocher qui serait le plus ancien de France. Suivez-nous et partons ensemble la visiter…

TEXTE & PHOTOS – Frédéric Lemont

L’Abbaye Saint-Pierre de Brantôme| Article paru dans le numéro d’automne 2019 de notre magazine.

Décidément, le Périgord est un territoire qui ne manque pas de surprendre les amoureux d’Histoire ! En l’occurrence, l’impressionnante Abbaye Saint-Pierre de Brantôme nous fait remonter les aiguilles du temps tout droit vers le VIIIe siècle.  

Reliques de Saint Sicaire  

Car, selon la légende, c’est Charlemagne lui-même qui aurait déposé en ce lieu les reliques de Saint Sicaire en 769. Saint Sicaire n’est autre que l’un des Saints Innocents de Bethléem, l’un des enfants qui auraient été tués par le roi Hérode, d’après l’Évangile de Matthieu. Des siècles plus tard, un pape offrit à Pépin le Bref, père de Charlemagne, une relique de cet enfant martyr. Deux panneaux de bois datant du XVIIe siècle, dans le chœur de l’église, illustrent cette donation et le massacre. Quant aux reliques, elles sont aujourd’hui encore exposées dans une châsse gothique située dans l’abbatiale.

Des salles troglodytes  

Son nom, la cathédralLes premiers documents historiques connus qui mentionnent le monastère [une notice recensant tous les monastères bénédictins, NDLR] datent quant à eux de 817. Des premières constructions, il ne reste malheureusement plus rien aujourd’hui. En partie détruite par les guerres franco-anglaises, l’abbaye actuelle a été reconstruite à partir du XVe siècle, son imposante et majestueuse façade classique datant des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais, derrière ce bâtiment qui impose le respect, planté au bord d’un canal de la Dronne, se cachent les restes d’une bien singulière architecture troglodyte qui mérite vraiment le détour. C’est précisément dans ses cavités naturelles et taillées que se sont installés les premiers moines.

(suite de l’article après les photos)

Avant de découvrir les imposantes salles qui font corps avec la falaise calcaire, on s’arrête forcément devant la fontaine miraculeuse de Saint Sicaire. Les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle faisaient – et pour certains, ils le font encore – une halte ici pour boire quelques gorgées de cette eau qui, dit-on, soignerait les maladies infantiles et les personnes atteintes de stérilité. 

Dès le VIIIe siècle, les moines bénédictins ont donc vécu en troglodytes, la falaise fournissant des abris et une matière première de qualité pour la construction. Avant eux, quelques ermites habitèrent très probablement là aussi. La grotte la plus mystérieuse et la plus spectaculaire est celle du Jugement dernier.

Des reliques jetées à l’eau      

Immense, creusée à flanc de falaise et ouverte sur l’extérieur, elle a longtemps servi à l’élevage des pigeons, un privilège accordé aux hommes de foi qui vendaient entre autres choses leur fiente, puissant fertilisant, dont le prix était fixé de manière artificiellement élevée pour leur assurer une belle petite rente — ils étaient les seuls à pratiquer ce commerce fort juteux à l’époque… 

(suite de l’article après les photos)

On reste calme… 

Bien évidemment, les gourmands moines mangeaient aussi la chair des dodus volatiles. Mais attention, pas toute la chair : uniquement la viande blanche, puisque la rouge possédait, selon les croyances de l’époque, des vertus excitantes et un brin aphrodisiaques. Fidèles à ces mêmes croyances, les moines ne consommaient pas non plus de poivre classique… ce qui, au Moyen-Âge, fit les affaires des marchands de “poivre des moines” (fruit séché du gattilier) connu pour ses propriétés soi-disant “anaphrodisiaques”. Au fond de cette “grotte”, un bas-relief a été sculpté dans la paroi. Il serait le premier ayant été réalisé dans les lieux et daterait du XVe siècle. Haut de huit mètres, on y contemple la Mort avec son inquiétante faux, deux anges qui sonnent la fin des temps, des tibias, des fémurs et quelques têtes. Au-dessus de tout cela, Dieu est là, imposant personnage très stylisé, qui rappelle plus les figures mésopotamiennes que les représentations bibliques de l’époque.

Des bas-reliefs bien singuliers  

À droite, sur la paroi d’en face, un second bas-relief datant du XVIe siècle représente la Crucifixion sur cinq mètres de haut. On y distingue, dans le décor de l’œuvre, des fortifications et des toitures de style très européen, qui sont loin de rappeler l’architecture du Jérusalem de l’époque du Christ. Il faut dire qu’à cette période, le monde entier est “européanisé” par la christianisation…

Découvrez la suite de cet article en lisant le numéro 7 du magazine L’Édition Périgord que vous pouvez commander et recevoir dans votre boîte aux lettres en cliquant ici.

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