La Tour-Blanche-Cercles

Un village tourné vers l’avenir

Texte & photos – Frédéric Lemont

À vrai dire, nous ne savons pas encore que nous allons nous arrêter à La Tour Blanche. Nous nous dirigeons vers Brantôme, pour y visiter sa somptueuse abbaye. Mais le hasard en décidera autrement… Nous sommes donc en chemin, sur la route D2… On oublie parfois à quel point la campagne périgourdine est apaisante ! Surtout en cette saison, lorsque les verts bouillonnent et se déclinent en une infinité de camaïeux. Les virages se succèdent et nous poussent à ralentir. À prendre notre temps.

Notre campagne est si apaisante

 L’épais feuillage des arbres nous fait une haie d’honneur et filtre la lumière. “On se sent si bien dans ce Périgord vert!”, nous disons-nous. Sur ce trajet, il y a du bon qui nous entoure. Ne nous demandez surtout pas ce que nous entendons par là, nous n’en savons absolument rien… Nous arrivons à la Tour Blanche et c’est ici que notre chemin va dévier. Nous l’ignorons, mais une riche et magnifique journée nous attend ici. Après tout, Brantôme la magnifique pourra bien nous attendre ! Le château fort veille sur l’entrée de la bourgade. Haut perché sur son monticule. Imposant. Solide. Nous entrons dans le village en longeant de charmants murets de pierres sèches…   

Le château fort nous accueille

Il est 13h45 et nous avons un “très gros petit creux”. Le nom du restaurant du village tombe à pic : “La fin de la faim” ! Une soupe aux tomates et un délicieux lapin en sauce plus tard, nous décidons de visiter un peu plus cette si charmante petite ville. On remarque tout de suite le bâtiment de la mairie. Une maison noble – le Manoir de Nanchapt – construite aux XVIe et XVIIe siècles et restaurée au XVIIIe. Elle se compose de deux corps de logis à angles droits et à toitures pointues dont les angles intérieurs sont réunis par une tour (blanche !) polygonale renfermant un escalier. Nous entrons dans la mairie et tombons par hasard sur Paul Malville – Monsieur le Maire – et sur Sandrine Kerouredan, la secrétaire de mairie qu’il nous présente comme “son bras droit tout à fait indispensable”.  

Un maire qui faut tout pour sa commune…

M. Malville nous explique que la mairie n’a pas toujours été en l’état. Elle fut un temps une boutique. “La commune a racheté cette partie du château pour la restaurer”, nous confie-t-il. “Elle était en mauvais état. Nous avons restauré une cheminée, puis en avons fait installer une autre en nous basant sur les rares photos que nous avons trouvées datant d’avant l’époque où fut percée une vitrine dans la façade”. Le résultat est à s’y méprendre ! L’intérieur de la mairie semble ne pas avoir changé depuis le XVIIe ! “Vous savez, on aime beaucoup rénover de vieux bâtiments, à La Tour Blanche”, s’amuse M. Malville. 

 

Nous avons aussi refait le vieux moulin à vent que je vous invite à découvrir !”. Nous nous exécuterons un peu plus tard… Paul Malville se souvient : “Je suis arrivé à La Tour Blanche pour reprendre l’affaire du père de mon épouse. Lorsqu’il a fallu trouver un nouveau maire, les gens d’ici se sont dit, ‘on n’a qu’à demander au petit jeune qui vient d’arriver !’. Ils m’ont dit ‘c’est vous, c’est comme ça… ça a été décidé !Et ça fait 40 ans que ça dure…

20 000 ans d’histoire

On le sent dans son architecture, la commune a été riche par le passé. Il faut dire qu’elle était sur la route qui reliait Angoulême à Périgueux. Un passage obligé. “Aujourd’hui, il est très compliqué de faire passer les gens par chez nous !”, assure le maire. “Je pense d’ailleurs que c’est l’enjeu le plus important pour La Tour Blanche-Cercles : développer le tourisme qui est aujourd’hui quasi inexistant alors qu’à quelques dizaines de kilomètres, c’est noir de monde durant la saison. Mais nous avons bon espoir !”

Réaménager les carrières

Et pour cause, Paul Malville et son équipe se démènent. Il y a le moulin, bien sûr, et les fêtes du pain (lire en pages suivantes). Et, depuis quelques mois, les regards se tournent tous vers le château fort du XIIIe siècle, racheté après un incendie dramatique par Peter Overlack, un entrepreneur et homme d’affaires allemand qui passait à La Tour Blanche par hasard. Son intention ? Le faire rénover pour qu’il retrouve sa superbe de jadis. Dix ans de travaux sont prévus ! Quand on pense qu’à la fin de XIXe, lorsque le château était devenu la gendarmerie, ses occupants voulaient faire raser les tours parce qu’ils craignaient de se prendre une pierre sur la figure. Il l’a échappé belle !

Un fauconnier

Toujours sur le plan touristique, un fauconnier a décidé de s’installer dans le village pour profiter de ce cadre exceptionnel… “Vous êtes allés aux anciennes carrières des Baux-de-Provence ?”, nous lance alors le maire. “C’est magnifique ! Ils projettent des images sur les parois qui deviennent alors de véritables écrans. Vous, vous êtes au milieu. Éblouis. Nous avons tout ce qu’il faut pour réaliser ça ici dans les anciennes carrières souterraines. C’est mon rêve ! Et je suis heureux parce que nous avons une piste !”, poursuit-il.

Une maison médicale

La Tour Blanche fait beaucoup pour ses habitants. Une maison de santé ultra-dynamique a été construite. Elle abrite – fait rare dans une commune rurale – pas moins de deux généralistes, un dentiste, quatre kinés, un ophtalmologiste et un ostéopathe. “On avait tout prévu pour que ça devienne des logements au cas où aucun praticien ne serait venu. Nos deux exceptionnels employés municipaux ont aidé. On a de la chance de les avoir !”, affirme le maire pragmatique.

Paul Malville et Daniel Bonnefond, maire délégué de Cercles – les deux communes ont fusionné le 1er janvier dernier – mutualisent efficacement les moyens ! “Nous construisons une classe supplémentaire pour que les deux enseignants puissent travailler ensemble”, se réjouit Monsieur le Maire. Pour qu’il y ait des enfants, il faut des emplois et des initiatives. Ça tombe bien, La Tour Blanche en a ! Lisez plutôt en pages suivantes…

Depuis quelques siècles, le moulin à vent de La Tour Blanche n’était littéralement plus que l’ombre de lui-même ! De sa splendeur, il ne restait plus qu’un cylindre de pierres envahi par une végétation qui finit toujours par reprendre le dessus. Situé au nord-est du joli bourg, sur les hauteurs, il a pourtant fonctionné durant de nombreuses années pour fournir en farine les habitants des environs.

Un moulin exceptionnel qui fonctionne

Selon l’association “Les amis du moulin à vent des terres blanches”, il aurait été érigé au XIVe siècle avant d’être laissé à l’abandon depuis au moins le XVIIIe. “Le fruit des parements extérieurs donne à l’ensemble un aspect conique”, explique l’association sur son site. “Deux portes coaxiales s’ouvrent au rez-de-chaussée. Ce niveau était planchéié et équipé d’une cheminée murale intégrée. Un escalier en bois longeant les parements internes menait aux niveaux supérieurs”.

Un effort collectif

Conscient que ce moulin pourrait, s’il était reconstruit, amener quelque chose à la population, Paul Malville – encore lui ! –, qui avait toujours rêvé de voir un jour cet édifice remis en état, a fait établir un dossier pour déterminer si une rénovation était possible… et à quel coût. La Communauté de communes du Verteillacois a répondu avec enthousiasme à ce projet, mais ne pouvait pas financer la totalité des travaux. Il a donc fallu se retrousser les manches et aller frapper à de nombreuses portes : Département, Région, Europe, Fédération des moulins… Un succès, puisque le financement a été possible et un appel d’offres a pu être lancé pour trouver l’organisme qui serait en charge de cette délicate rénovation. 

Une rénovation menée de main de maître

C’est l’entreprise Croix qui l’a remporté, certainement l’une des seules en France à détenir le savoir-faire requis pour la réfection à l’ancienne de tels moulins à vent. À l’intérieur, tout est en bois, y compris le mécanisme, totalement neuf, qui paraît pourtant séculaire. D’imposantes meules de pierre ont été réinstallées… Un chantier énorme “rendu possible grâce à la volonté collective et aux bénévoles”, se souvient M. Malville. Mais, attention, ce moulin n’est pas seulement un magnifique décor de carte postale !

Des fêtes du pain

Il fonctionne – à des fins pratiques, le tout a été électrifié. D’ailleurs, le moulin à vent de La Tour Blanche est le seul en état de marche en Dordogne ! Aujourd’hui, on peut donc le visiter et acheter sa farine si on passe dans le coin. Un four à pain au feu de bois a en outre été construit un peu plus loin, dans le but d’organiser de grandes fêtes autour de ce moulin ressuscité. Grâce aux bénévoles, deux de ces événements sont organisés chaque année. Un en juin et un autre en août (cette année, le dimanche 19).

Se balader à la rencontre des vieux moulins

Vous avez envie d’une petite balade à pieds qui passe par ce moulin ? Tous les ans, le service tourisme du Conseil départemental élabore ses “Histoires de randonnées” sur un thème donné et édite un recueil. En 2018, les chemins meuniers sont à l’honneur, en partenariat avec “L’Association périgordine des amis des moulins”. Trois parcours balisés (de 3, 4 ou 12 km) sont au départ de La Tour Blanche-Cercles. Enfilons donc nos chaussures de marche ! ■

+ D’INFOS sur le moulin à vent de La Tour-Blanche en cliquand ici.

Retrouvez la suite de article sur les initiatives menées à La Tour-Blanche-Cercles en lisant le numéro 2 du magazine L’Édition Périgord que vous pouvez commander et recevoir dans votre boîte aux lettres en cliquant ici.

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